| Une
société non cruelle?
Diana Saakian Bokhari
Nous vivons dans
une société que nous considérons
comme réfléchie et évoluée.
Nous avons une pilule magique pour presque tous
les malaises. Il nous suffit d’allumer le
poste de télévision pour être
bombardé de commerciaux nous rappelant
de demander à notre médecin le médicament
qu’il faut pour une maladie dont nous ne
connaissions même pas l’existence,
mais dont nous craignons maintenant d’être
atteint. Nous sommes assaillis de toutes parts
par un marketing de masse qui tente de nous convaincre
qu’il nous faut absolument acheter davantage,
dépenser notre argent un peu partout. Nous
sommes devenus, inconsciemment, une société
de consommation de masse, nos vies ressemblant
à une course effrénée dans
un supermarché géant.
La consommation
de masse nécessite une production de masse
et des possibilités de profit considérables.
Les conglomérats constituent la réalité
de l’heure. Ils existent dans toutes les
industries et exercent énormément
de pouvoir sur notre qualité de vie. Des
milliards de dollars sont consacrés à
la mise en marché de tous les produits
afin que le consommateur les trouvent attrayants,
hygiéniques et essentiels. Nous nous sommes
tellement éloignés de la nature
et de ses véritables sources que nous ne
nous arrêtons même plus pour nous
demander d’où vient notre nourriture.
Quoi de plus facile que de déambuler dans
les allées du supermarché, où
sont alignés tous ces produits merveilleusement
emballés, qui n’attendent qu’à
être déposés dans notre panier?
Combien souvent nous arrêtons-nous pour
réfléchir à ce que cache
cet emballage attrayant? La triste réalité,
c’est que plus souvent qu’autrement,
la commodité dont nous profitons est acquise
au prix de souffrances considérables pour
les animaux dont la vie est sacrifiée chaque
jour sans compassion, sans gratification et sans
considération aucune.
L’ÉLEVAGE
MODERNE DU BÉTAIL
Les méthodes
modernes d’élevage sont souvent qualifiées
d’« élevage industriel».
Dans le contexte de la production de masse visant
à répondre à la demande croissante
de produits laitiers et carnés d’Amérique
du Nord, certains éleveurs commerciaux
n’ont plus de relation étroite avec
les animaux qu’ils élèvent.
Non seulement ceux-ci sont-ils traités
cruellement, mais on leur injecte des substances
qui auront aussi des effets sur les personnes
qui consommeront leur chair. Selon la Factory
Farming Organization (www.factoryfarming.org),
« les industries des viandes, des produits
laitiers et des oeufs ont recours à des
raccourcis technologiques – comme des médicaments,
des hormones et autres produits chimiques –
pour maximiser la production. Dans ces conditions,
on constate l’apparition de virulents pathogènes
qui résistent aux antibiotiques. Des millions
d’Américains sont infectés
et des milliers meurent chaque année d’avoir
consommé des produits animaux contaminés.
» Il est ironique de voir comment en torturant
et en polluant ces magnifiques animaux, nous nous
condamnons essentiellement nous-mêmes.
VEAUX EN CAISSE
Le veau est un sous-produit
de l’industrie laitière, créé
pour se débarrasser des jeunes mâles
encombrants. Lorsque la vache laitière
vêle, les petites femelles sont conservées
pour la production future de lait, mais les mâles
sont principalement destinés à la
production de veau ou de boeuf. Les jeunes veaux
sont séparés de leur mère
quelques moments après la naissance, chargés
sur des camions et vendus aux enchères
sur des plates-formes où ils sont souvent
battus, bombardés de chocs électriques
et traités à coups de pied. Lorsqu’ils
sont épuisés et incapables de bouger,
ils sont tirés soit par les pieds ou les
oreilles jusqu’à leur prochaine destination.
Près d’un million de veaux sont confinés
chaque année à de minuscules caisses
ne mesurant pas plus de deux pieds de largeur,
où ils sont enchaînés sans
pouvoir être capables de se retourner ou
de se coucher pendant des périodes pouvant
aller jusqu’à seize semaines. Ce
confinement cruel est voulu, afin que les muscles
de l’animal ne puissent se développer,
ce qui crée les « coupes tendres
» si appréciées. En plus,
les veaux sont soumis à une diète
liquide déficiente en fer et en fibres
ce qui donne la couleur pâle à la
chair, recherchée par le consommateur.
« Selon les résultats publiés
de recherches, les veaux confinés à
des caisses sont soumis à un stress chronique
et nécessitent cinq fois plus de médicaments.
Il n’est donc pas surprenant que le veau
soit parmi les viandes les plus susceptibles de
contenir des résidus de médicaments
illégaux présentant une menace pour
la santé humaine. » (www.factoryfarming.org)
[traduction libre]
CAISSE DE GESTATION
DES PORCS
Les truies de reproduction
ou en gestation comptent parmi les animaux les
plus cruellement traités. Avec un cycle
de grossesse de seulement quatre mois, les truies
de reproduction modernes produisent plus de 20
porcelets par année. On les garde dans
d’étroites caisses de gestation en
métal, à peine assez grandes pour
que l’animal puisse se lever ou se coucher,
et leur corps est criblé de meurtrissures
causées par le frottement constant contre
le métal. Sans litière de paille,
les bêtes sont forcées de rester
debout sur des sols grillagés inconfortables,
conçus pour laisser passer les excréments.
La plupart d’entre elles acquièrent
des comportements névrotiques pour pouvoir
supporter leur environnement bien peu naturel,
de même que des problèmes d’obésité
et des troubles aux pattes débilitants.
Les porcelets leurs sont enlevés au jeune
âge de seulement trois semaines et les truies
sont immédiatement réensemencées.
Aussitôt qu’une truie affiche des
signes de baisse de productivité, elle
est tout simplement envoyée à l’abattoir
pour sa chair.
BATTERIES DE
CAGES
Des cages grillagées,
mesurant seulement seize pouces de largeur et
abritant quatre poules entassées, sont
empilées sur plusieurs étages et
juxtaposées dans des entrepôts. Les
poules sont tellement serrées qu’elles
ne peuvent étendre leurs ailes ou leurs
pattes et se frottent constamment contre les grilles.
Leurs petits corps sont meurtris et elles perdent
une grande partie de leurs plumes. Elles sont
toutes « débecquées »
à froid pour les empêcher de donner
des coups de bec à répétition,
comportement découlant de la frustration
et de la douleur de ce confinement cruel. Le débecquage
est une opération douloureuse qui exige
de couper dans l’os, le cartilage et les
tissus; ce serait un peu comme de couper le nez
à quelqu’un.
Non seulement ces
poules pondent- elles plus de 250 oeufs par année,
mais leur frêle carcasse souffre en outre
d’une perte excessive de calcium entraînant
une carence en calcium, l’ostéoporose
et le syndrome du foie gras. Après une
seule année de ponte, ces poules sont jugées
« épuisées » et sont
soumises à une « mue forcée
» ou sont abattues. « Dans une affaire
d’une cruauté saisissante qui est
maintenant de notoriété publique,
en février 2003, au Ward Egg Ranch, dans
le comté de San Diego (Californie), plus
de 15 000 poules de réforme ont été
passées vivantes dans une machine à
déchiqueter le bois, en vue de les éliminer.
Malgré les hauts cris poussés par
un public horrifié, le procureur local
a refusé de poursuivre les propriétaires
de l’exploitation avicole, alléguant
que l’usage d’une machine de mise
en copeaux afin de tuer des poules était
une « pratique courante de l’industrie.
»
« Dans certains
cas, surtout si le coût de remplacement
des poules est élevé, on induit
la mue chez les pondeuses pour prolonger leur
capacité de ponte.Ce processus consiste
à affamer les poules pendant une période
pouvant aller jusqu’à 18 jours, à
les garder en pleine noirceur, sans eau, pour
provoquer dans l’organisme un état
de choc et « forcer » un autre cycle
de ponte. Généralement, entre 5
% et 10 % des poules meurent pendant la mue forcée,
celles qui restent perdant parfois plus de 25
% de leur poids corporel. » (www.factoryfarming.org)
[traduction libre]
TRAITEMENT HORMONAL
SUBSTITUTIF (T.H.S.) AVEC PREMARIN
Premarin, extrait
d’urine de jument, est littéralement
un traitement hormonal substitutif à base
de déchets animaux. Selon la PETA (People
for Ethical Treatment of Animals), « Cette
année, environ 75 000 juments du Dakota
du Nord et du Canada seront ensemencées
et confinée à des stalles étroites
afin que l’on puisse recueillir leur urine
riche en oestrogène. La plupart des poulains
seront abattus avant leur premier anniversaire.
Pour produire Premarin,
les juments enceintes sont attachées à
l’avant d’une stalle mesurant tout
juste entre 3,5 et 5 pi de largeur et 8 pi de
longueur. Pendant six mois, période pendant
laquelle leur organisme produit le plus d’oestrogène,
ces juments sont incapables de faire plus d’un
ou deux pas dans une direction ou dans l’autre,
de se tourner, ni même de s’étendre
confortablement. Elles acquièrent souvent
une boîterie. Elles sont forcées
de porter, 24 heures sur 24, un sac de caoutchouc
encombrant de prélèvement d’urine
qui exerce une friction sur les jambes et cause
des lésions cutanées. Leur accès
à l’eau est rationné pour
que la concentration en oestrogène de l’urine
soit plus concentrée, ce qui entraîne
parfois des problèmes rénaux et
hépatiques et amène les juments
à se débattre et à se blesser
au moment de la distribution d’eau dont
elle ont désespérément besoin.
Afin de pouvoir les remettre en production l’hiver
suivant, les juments sont ensemencées quelques
jours seulement après la mise bas. Quelques
mois après, elles sont séparées
de leur poulain et remises sur la « chaîne
de production d’urine ». Les juments
fertiles peuvent subir ce traitement, année
après année. Quand la jument vieillit,
devient infertile ou est handicapée, elle
est vendue aux enchères en vue d’être
envoyée à l’abattoir. (www.menopauseonline.com)
Selon un rapport
publié par le groupe des enquêtes
spéciales de Las Chance for Animals (www.lcanimal.org)
: « À l’abattoir, on a observé
plusieurs juments avec une croissance démesurée
des sabots. Les juments semblaient éprouver
de l’inconfort en raison de cet état.
On a noté aussi la présence de plusieurs
poulains très maigres, dont un mort, et
beaucoup de chevaux malades. Un cheval avait l’oeil
droit très enflé. Certains documents
confirment que les chevaux semblaient encore conscients
alors qu’ils avaient les pattes coupées…
il n’y a pas de lois ou de règlements
particuliers sur le traitement des juments sur
les fermes de production de Premarin. La norme
est plutôt dictée par un code inapproprié
intitulé « Recommended Code of Practice
for The Care and Handling of Horses In PMU Operations
» (code de pratiques recommandé pour
le soin et le traitement des chevaux dans les
installations de collecte d’urine de juments
gravides), qui est peu appliqué. Ainsi,
les chevaux n’ont aucune protection légale.
»
La cruauté
de la production de Premarin ne s’arrête
pas là. Selon HRTInfo (www.hrt-info.com),
la Women's Health Initiative (WHI) et le National
Cancer Institute des États-Unis ont publié
les conclusions d’une étude, selon
lesquelles le traitement hormonal substitutif
comportant une combinaison d’oestrogène
et de progestine et le traitement hormonal substitutif
à oestrogène seulement ont présenté
de nombreux risques pour la santé :
• 41 % d’augmentation
du nombre d’accidents vasculaires cérébraux
• 29 % d’augmentation du nombre
de crises cardiaques
• 26 % d’augmentation du nombre
de cas de cancer du sein
• deux fois plus de risques de formation
de caillots.
Dans le cas du traitement
hormonal substitutif à oestrogène
seulement, les données semblent indiquer
que les risques de cancer des ovaires augmentaient
avec la durée du traitement. D’après
cette étude, les femmes qui ont utilisé
ce genre de traitement pendant vingt ans ou plus
courent trois fois plus de risque d’être
atteîntes d’un cancer des ovaires
que celles qui n’ont pas eu recours à
ce genre de thérapie.
Si vous êtes
une femme et que vous souhaitez obtenir des conseils
sur des approches plus saine à l’amélioration
de votre bien-être, consultez l’ouvrage
du Dr John R. Lee (M.D.) et du Dr Jesse Hanley
(M.D.) intitulé Équilibre hormonal
et progestérone naturelle. Vous trouverez
dans cette publication, disponible en français
et en anglais, des vérités surprenantes,
de l’information sur les remèdes
naturels et d’autres renseignements détaillés
qui ont aidé des milliers de femmes aux
prises avec des problèmes liés à
l’oestrogène.
LES ESSAIS SUR
DES ANIMAUX : EN VALONS-NOUS VRAIMENT LA PEINE?
Les essais réalisés
sur des animaux ou la vivisection sont pratiqués
par les sociétés cosmétiques
et pharmaceutiques afin de déterminer si
leurs produits chimiques sont dangereux pour les
humains. Les animaux de laboratoire sont couramment
brûlés, tranchés, électrocutés,
écrasés et empoisonnés avec
des produits chimiques, afin de faire la démonstration
de données qui existent déjà
pour la plupart. Quels que soient les mérites
du projet, ces expériences bénéficient
d’importantes subventions gouvernementales
en contrepartie desquelles les chercheurs doivent
ensuite publier les résultats de leurs
travaux afin de contribuer à créer
et à conserver les emplois dans ce secteur.
Voici quelques exemples de conclusions d’expériences
sur des animaux : (www.lcanimal.org):
• Afin d’étudier
les résultats de traumatismes crâniens,
des primates ont été attachés
à une machine pour recevoir sur la tête
des coups d’un impact important. Une caméra
vidéo a permis de saisir des scènes
ou les vivisectionnistes se moquaient des animaux
blessés qui conservaient de graves lésions
cérébrales (University of Pennsylvania)
• Afin d’examiner des brûlures
graves sur des tissus vivants, des porcs immobilisés
ont été brûlés vivants
avec un lanceflammes afin qu’on puisse
ensuite retirer leur chair carbonisée
par grands lambeaux
(armée américaine)
• Pour mesurer la vitesse de récupération
à des blessures, les vivisectionnistes
ont attaché des chiens, puis déchiré
la peau des genoux, laissant des lambeaux pendants.
À la fin de l’étude, les
chiens ont été tués. (Uniformed
Services University – département
de la Défense)
Voulant démontrer
que le niveau de protéines de l’oeil
est le même chez des singes privés
de la vue que chez les singes normaux,les expérimentateurs
ont cousu les yeux des singes. (Emory University,
projet du NIH RR00165-38)
Malheureusement,
ces programmes sont financés par des contribuables
non méfiants et produisent souvent des
résultats peu concluants alors que les
animaux de laboratoires sont soumis à des
niveaux extrêmes de douleur et de stress,
sans compter que leur physiologie n’est
pas toujours identique à celle des humains.
La technologie de pointe offre maintenant des
solutions de rechange moins coûteuses et
moins cruelles que les expériences sur
des animaux, notamment des études in vitro,
la modélisation informatique, les cultures
de cellules et de tissus, des études cliniques
sur des patients humains consentants et des études
épidémiologiques.
En tant que consommateurs
et contribuables, il est important que nous soyons
tous mieux informés. Qui pourrait imaginer
que l’achat d’une marque donnée
de papier hygiénique, de savon ou de mascara
puisse constituer un appui à des essais
cruels sur des animaux. Étant donné
que des sociétés colossales aux
structures tentaculaires ont des divisions qui
fabriquent les produits les plus anodins, c’est
à chacun qu’il revient de se renseigner
sur ceux qui respectent ou non l’éthique
dans ce domaine. Vous pouvez consulter www.stopanimaltests.com
où vous trouverez davantage de conseils
sur ce que vous pouvez faire pour mettre un frein
aux horreurs de la vivisection. Vous y découvrirez
aussi une liste des organismes de bienfaisance
dans le domaine de la santé qui utilisent
vos dons pour aider à mettre un terme à
la souffrance plutôt qu’à la
causer par des expériences cruelles sur
les animaux. J’espère sincèrement
que chacun d’entre vous prendra cette information
à coeur. Jamais plus, vous ne pourrez dire
que vous ne saviez pas. Cette simple constatation
signifie devenir responsable.
-
Diana S. Bokhari est fondatrice et exploitante
du principal centre holistique pour animaux domestiques
du Québec, Naturalanimal. On peut la joindre
par l’intermédiaire de son site Web
à www.naturalanimal.ca.
|