Un rapport sur
l’industrie chinoise de la fourrure
(mis à jour le 13 juillet
2005)
Hsieh-Yi,
Yi-Chiao, Yu Fu, B. Maas, Mark Rissi
© Protection Suisse des Animaux PSA / East-International
Janvier 2005
Massacre sans pitié :
l'indescriptible horreur des élevages
d'animaux à fourrure en Chine
Discours
d'ouverture de la conférence de presse
organisée par la PSA le 1er février
2005 à Zurich, en Suisse
Prononcé par Heinz Lienhard, président
de la Protection Suisse des Animaux (PSA)
Nous sommes habitués aux
conditions d'élevage d'animaux à
fourrure de Scandinavie et d'Europe de l'Est,
où des centaines de milliers d'animaux
sauvages sont détenus en batterie avant
de subir une mort brutale au nom de la mode
et de la vanité. Des conditions de vie
idéales, des lois suffisantes concernant
le bien-être des animaux dans les pays
producteurs, des animaux heureux parce qu'ils
fournissent une fourrure brillante, voilà
ce qui est depuis longtemps et mensongèrement
clamé par l'industrie.
À l'exception de quelques stations chic
de sports d'hiver, les manteaux, les capes et
autres vêtements en fourrure coûteux
ont pratiquement disparu des rues de Suisse.
La plupart des gens sont gênés
d'être vus habillés de la sorte.
D'autres ne veulent pas dépenser des
milliers de francs suisses dans ce luxe tape-à-l'œil.
Après tout, il y a d'innombrables manières
de rester au chaud tout en étant à
la mode.
Et pourtant la fourrure est toujours
une énorme industrie. Toute une chaîne
d'acteurs commerciaux en tire profit : éleveurs,
agriculteurs, exportateurs, importateurs, grossistes,
détaillants, boutiques, grandes surfaces
et maisons de couture. Accusant jadis des ventes
qui diminuaient sans cesse, ils se sont affairés
à développer de nouveaux marchés.
Le résultat : des vêtements en
fourrure produits en masse et accessibles à
tous. Les créateurs de mode ont également
proclamé que les garnitures en fourrure
étaient chic et « tendance ».
Au lieu de manteaux complets, la fourrure orne
maintenant tout, des chaussures aux parkas,
en passant par les manteaux; même les
vêtements pour enfants semblent ne plus
pouvoir s'en passer. L'engouement pour la fourrure
est partout !
Aujourd’hui, la plupart
des fourrures bon marché qui ornent les
capuchons et les cols proviennent de Chine,
un pays qui domine la plupart des marchés.
Il est estimé que la Chine produit plus
de 1,5 millions de peaux de renard et approximativement
le même nombre de peaux de chien viverrin.
Il y a aussi d’autres espèces «
produites » en Chine : des visons, et
même des chiens et des chats. La Chine
inonde littéralement le marché
de la fourrure avec ses articles.
Cela n'étonnera donc pas
que, comme dans les autres pays producteurs,
et au mépris de toutes les normes élémentaires
du bien-être animal, des millions d'animaux
à fourrure y soient détenus dans
des cages grillagées et tout aussi scandaleusement
exiguës. Jusqu'à il y a quelques
semaines, personne ne connaissait la vérité
au sujet de la mise à mort des renards
et des chiens viverrins dans les élevages
chinois. En collaboration avec des protecteurs
asiatiques des animaux qui, pour documenter
ce sinistre commerce, ont filmé en caméra
cachée dans les provinces les plus reculées,
la Société suisse de protection
des animaux (PSA) révèle aujourd'hui
la terrible vérité. Joignant ses
forces avec les organismes de conservation et
de protection animale, la PSA va aujourd'hui
révéler au monde le résultat
de ces investigations. L'indescriptible horreur
que nous y avons découverte dépasse
tout ce que nous savions sur les conditions
de vie cauchemardesques et les méthodes
de mise à mort brutales utilisées
dans les élevages occidentaux.
En publiant ces images épouvantables
et profondément perturbantes provenant
de Chine, nous voulons que tout le monde soit
conscient de ce qui se cache vraiment derrière
la garniture de son col ou de son capuchon;
conscient des conditions de vie dans lesquelles
ces animaux vivent et de la façon dont
ils sont mis à mort. Cette indescriptible
honte n'a aucune place dans un monde dit civilisé.
Pour que cela cesse, le public a besoin de connaître
la vérité, afin que toute personne
responsable et humaine ne veuille plus jamais
porter le produit de tant de souffrances.
Notre document se concentre
sur les renards et autres animaux sauvages.
Néanmoins, la Chine exporte aussi les
peaux des animaux de compagnie que nous aimons
tant. Il ne fait aucun doute que les chiens
et chats sont détenus et abattus dans
les mêmes conditions atroces que les animaux
sauvages. L'an dernier, lors de pourparlers
concernant la révision de l'Acte suisse
pour la protection des animaux, j'ai personnellement
demandé au ministre suisse de l'Économie,
Josef Deiss, d'interdire au moins l'importation
de fourrures de chiens et de chats en provenance
de Chine. Une telle interdiction a déjà
été votée aux États-Unis
ainsi que dans plusieurs pays européens.
Mais ma demande est tombée dans l'oreille
d'un sourd. Je vais tenter de présenter
ce documentaire à M. Deiss, en espérant
qu'il aura l'estomac suffisamment bien accroché
pour le visionner.
Quatre-vingt mille personnes ont
signé la pétition contre l'importation
de fourrures de chiens et de chats en provenance
de Chine. La PSA l'a déposée à
Berne et le Dr Paul Guenter, conseiller national,
la fera bientôt suivre au Parlement. Nous
ne nous reposerons pas tant que cette abomination
ne sera pas bannie de notre pays !
Pour terminer, je voudrais saluer
les investigateurs asiatiques qui ont tourné
ce documentaire en caméra cachée.
Ils ont accepté de prendre d'énormes
risques et leurs vies seraient menacées
si leurs noms étaient révélés.
Pour les protéger, même leurs voix
ont été modifiées dans
ce reportage. Devant rester anonymes, ils n'auront
jamais la reconnaissance et les remerciements
du public qu'ils méritent tant. Je profite
donc de cette opportunité pour remercier
ces courageuses personnes et exprimer tout mon
respect et toute mon admiration pour ce qu'elles
ont accompli. Puisque nous ne pourrons jamais
les remercier en personne, je tenais donc à
les saluer ici et publiquement pour leur contribution.
Heinz Lienhard